Un collectif de jeunes francophones émergent des ateliers d’écriture au Café Postal

Dix écrivains francophones émergents laissent leurs premières traces littéraires dans On fait des traces, une nouvelle anthologie. Le collectif Génération d’encre rassemble des jeunes adultes âgés de 18 à 35 ans pour des ateliers d’écriture visant à perfectionner leurs écrits et à publier des nouvelles.

On fait des traces

Les ateliers ont eu lieu au Café Postal à Saint-Boniface et ont été animés par l’écrivaine Anne-Marie Turcotte. Les rencontres régulières au café ont été un excellent moyen de soutenir une entreprise francophone locale et d’inspirer la créativité au sein de la communauté.

Turcotte a choisi de mettre l’accent sur « les thèmes de l’identité et du territoire, des thèmes larges et rassembleurs », encourageant les écrivains, issus de milieux culturels variés, à s’inspirer de leurs propres expériences. 

Les récits se déroulent dans tout le Manitoba, des prairies rurales aux rues de Winnipeg, et explorent des thèmes tels que l’immigration, la mémoire et l’espoir. Dans l’une des histoires, un homme se rend à Churchill, où il est confronté à la fois au froid du nord et à son propre chagrin, montrant aux lecteurs comment notre environnement peut façonner nos émotions.

L’anthologie se caractérise par l’interconnexion des personnages, des lieux et des thèmes. Par exemple, deux personnages récemment immigrés, issus d’histoires différentes, se croisent et tissent un lien en s’adaptant à la vie canadienne.

Les récits interconnectés sont plus communs dans les recueils de nouvelles d’un seul auteur; Turcotte souligne à quel point il est rare de voir ce genre d’approche dans un ouvrage collectif. Elle dit que c’était voulu dès le départ et que « l’écho entre les différentes nouvelles permet d’évoquer davantage l’aspect communautaire du projet ».

La coordinatrice du projet, Katrine Deniset, a supervisé le projet et a joué un rôle clé dans les étapes éditoriales. Elle a mené un atelier avec les nouveaux auteurs pour déterminer le titre du projet : On fait des traces

Collectif (left to right: Yvan Bouchard, Émilie Vermette, Axelle Oulé, Rachelle Rocque, Fulgencia Bidossessi Hountondji, Anne-Marie Turcotte, Ena Mallarino, Eline Mallarino, Béatrice Vien, Jean-Luc Loiselle et Hugo Beaucamp)

Collectif (gauche à droite: Yvan Bouchard, Émilie Vermette, Axelle Oulé, Rachelle Rocque, Fulgencia Bidossessi Hountondji, Anne-Marie Turcotte, Ena Mallarino, Eline Mallarino, Béatrice Vien, Jean-Luc Loiselle et Hugo Beaucamp)

Au-delà de son sens littéral, l’expression évoque aussi l’idée de nouveaux écrivains laissant leur marque dans la littérature francophone, tout en possédant une signification locale. Elle explique que les francophones des Prairies utilisent cette expression pour dire « bon, je m’en vais » ou « je vais faire un boutte ». 

« C’est tout à fait approprié », dit-elle, « notamment quand on réfléchit au concept de ‘terroir’ du projet. »

Turcotte décrit On fait des traces comme une expérience de lecture variée, « tantôt plus profonde, tantôt plus légère, qui met en lumière la diversité des expériences humaines qu’on retrouve sur le territoire ». Elle espère que les lecteurs retrouveront un sentiment de familiarité avec les lieux et les thèmes abordés. 

Deniset souhaite que l’originalité du projet permettra « d’ajouter de nouvelles voix à notre répertoire ».

Elle dit, « Les auteurs et autrices du collectif font, si on veut, ‘leurs premières traces’, mais j’ai l’impression que ce ne seront pas les dernières ».